Rencontre dans l'atelier de Sébastien Lacombe, portraitiste graveur
Dans un monde saturé d’images instantanées, où le numérique impose son rythme et sa surface, l’œuvre de Sébastien Lacombe apparaît comme une respiration rare. Portraitiste et graveur vivant à Paris, il revendique une fidélité profonde aux bases classiques du dessin et de la peinture, tout en inscrivant son geste dans une écriture résolument contemporaine.
L'empreinte du visage, la vérité du trait
Son travail est une quête : celle de l’intensité du visage humain, de la profondeur du regard, de cette zone fragile où se logent la présence, la mémoire, la vérité.
« Ce que j’aime dans l’art, c’est le respect des bases classiques, héritage des grands maîtres, et la capacité de leur donner une tonalité contemporaine », confie-t-il dans sa notice biographique . Cette tension entre héritage et modernité est au cœur de son œuvre.






Un portraitiste avant tout : le visage comme territoire
Formé pendant plus de vingt ans dans les ateliers parisiens - modèke vivant, peinture, couleur, puis gravure - Sébastien Lacombe développe une pratique centrée sur l'expressivité du visage. "Je suis avant tout portraitiste. Je suis fasciné par l'expression du visage, notamment celle du regard".
Chaque portrait est pour lui une rencontre. Dans son atelier, il travaille le cuivre comme on écoute une histoire : lentement, avec précision, en laissant la matière révéler ce qui ne se dit pas. Le trait, la morsure de l’acide, les accidents du métal deviennent autant de manières de faire émerger une présence intérieure.
La gravure : un langage, une alchimie
La gravure entre dans sa vie en 2019, lors d’une visite à la Métairie Bruyère, lieu emblématique de l’estampe contemporaine. Il y découvre l’eau-forte, qui devient rapidement son langage privilégié. « Avec une même plaque on peut créer des estampes d’une grande diversité, s’essayant aux collages de différents types de papiers ou de fleurs, aux découpages, au froissage, à la création de volume… » .
Cette capacité de variation infinie nourrit son approche : une plaque n’est jamais figée, elle est un terrain d’exploration. Il joue des papiers, des textures, des superpositions, des volumes, créant des œuvres où la matière devient vibration.
Depuis 2024, il s’initie à la technique Hayter à l’Atelier Contrepoint, qu’il transpose au portrait. Cette méthode d’impression en couleurs, exigeante et gestuelle, enrichit son travail d’une dimension chromatique nouvelle. Sur son site, il décrit cette recherche comme une manière d’« intensifier la présence du visage, créer des vibrations chromatiques et donner au portrait une énergie contemporaine » .
Une œuvre reconnue : distinctions et expositions
Depuis 2022, Sébastien Lacombe est sélectionné chaque année au Salon des Artistes Français, sous la verrière du Grand Palais. Son travail y est distingué à plusieurs reprises : – Prix Joop Stoop (2023) – Prix des Amis de la Société des Artistes Français (2024) – Prix Charbonnel (2026)
Ses gravures ont été publiées dans Beaux Arts Magazine, Connaissance des Arts et Art Magazine, témoignant de la reconnaissance croissante de son œuvre.
En 2026, il expose au MEAM – Museu Europeu d’Art Modern de Barcelone, puis à La Zona Gallery à Madrid. La même année, le Musée d’Art et d’Histoire de Puisaye acquiert plusieurs de ses œuvres lors de la Journée des Talents à Villiers-Saint-Benoît.
Une alternative précieuse à l’image numérique
Sur son site, Sébastien Lacombe affirme une conviction forte : « Dans un monde saturé d’images, l’artisanat authentique a plus de valeur que jamais. » Ses portraits gravés à la main, uniques, sensibles, profondément humains, offrent une alternative rare à la vitesse du numérique. Ils portent la trace du geste, de la main, de l’humain — une empreinte qui traverse le temps.
Son ambition est claire : perpétuer une technique exigeante héritée des maîtres graveurs, tout en la réinventant pour le XXIᵉ siècle. Ses influences contemporaines — Shane Wolf, Craig Hannah, Jérôme Lagarrigue — témoignent de cette volonté de faire dialoguer tradition et modernité.
L’Empreinte Lacombe : une signature
À travers son projet L’Empreinte Lacombe, il propose deux approches : – Le portrait sur mesure, façonné selon l’histoire et les symboles de la personne ; – Les séries limitées, tirages numérotés issus d’une même plaque, parfois revisités.
Dans les deux cas, l’œuvre est pensée comme un objet intime, un fragment de vérité, une présence.
Conclusion : la gravure comme espace de vérité
L’art de Sébastien Lacombe est un art du temps long, de la précision, de la matière. Un art qui refuse la facilité, qui cherche la profondeur. Ses portraits ne capturent pas seulement un visage : ils révèlent une vibration, une fragilité, une humanité.
Dans le cuivre, dans l’encre, dans la couleur, il poursuit une ambition rare : créer des œuvres qui ne ressemblent à aucune image numérique, des œuvres qui portent la trace du geste, de la main, de l’humain. Des œuvres qui, véritablement, laissent une empreinte.
bureau@cerclepassy.fr
CERCLE PASSY © 2025-2026. All rights reserved.
